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Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

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Laurent Simon
Whisky Quebec

Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Lun 23 Mar 2015 - 15:58

15 janvier 2015
(après les attentats de Paris, récents,
et les opérations en cours, d'initiative française, moins récents)

Que peuvent faire les Européens pour soutenir la France ? S’engager un peu plus ?

(BRUXELLES2)

Après les trois attentats de Paris, des 7, 8 et 9 janvier (*), la réaction européenne a été forte en émotions et en symboles. Mais faible, pour l’instant, en actes concrets. L’arsenal législatif devrait être renforcé dans l’avenir (PNR européen, etc.).

Mais cela prendra du temps. Et cela ne suffira pas. Il faudra aller plus loin dans la solidarité et l’action européenne, notamment en prenant le relais de la France sur certains théâtres d’opération.

La France… au bout de ses capacités
Très vite, va se poser la question d’appuyer la France dans certaines actions militaires.

La mobilisation de 10.000 militaires supplémentaires sur le territoire français (lire : Armée déployée en France. Une « opération intérieure » de protection) ne paraît pas épisodique et devrait durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

A cela, il faut ajouter environ 20.000 militaires hors de métropole (opérations extérieures multinationales ou nationales, bases permanentes, outre-mer). Soit 30.000 personnes mobilisées.

L’armée française est aujourd’hui ainsi à la limite de ses capacités opérationnelles. Ce, sur fond de menaces toujours très présentes, que ce soit au nord du Sahel, côté Libye ou au sud, côté Nigeria ou Cameroun (lire : 2014, année de crises … Et ce c’est pas fini en 2015 !). Ce qui devrait interpeller les Etats européens.

Passer la vitesse supérieure

Jusqu’à présent, les Européens ont appuyé la France dans le Sahel de façon plutôt limitée. Les Allemands s’engagent actuellement de façon assez massive dans la mission de formation de l’armée malienne (EUTM Mali).

Et un certain appui aérien existe, du moins au niveau du transport stratégique (Europe-Sahel), avec le groupement européen EATC. Mais la question de passer à la vitesse supérieure va désormais se poser. Une question tout autant politique que financière ou militaire.

Assurer le relais dans les opérations multinationales
Les Européens vont devoir prendre le relais de la France dans certaines opérations multinationales de stabilisation.

La présence française dans certaines missions ou opérations européennes a, en fait, déjà beaucoup diminué (EUMM Georgia, EUNAVFOR Atalanta). La France avait retiré ses gendarmes de EULEX Kosovo et, plus anciennement, de EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine, la présence française a diminué dans la mission d’observation en Géorgie (EUMM Georgia) et est devenue moins forte dans l’opération de lutte contre la piraterie en Somalie (EUNAVFOR Atalanta).

L’opération européenne de stabilisation en Centrafrique (EUFOR RCA) se termine en mars prochain. Et le relais a globalement été passé dans la mission de formation de l’armée malienne aux Allemands et Espagnols en grande partie. Ce mouvement pourrait se poursuivre.

Quelqu’un pour prendre l’initiative
Mais, surtout, à l’avenir, il ne faudra pas trop compter sur la France, pour endosser le rôle de « nation-cadre », voire participer aux missions PeSDC, sauf intérêt national primordial. Non par manque de volonté. Mais par manque de moyens. Toute nouvelle opération ou mission européenne, qu’elle soit menée au titre de la PeSDC, la politique européenne de sécurité et de défense commune, ou de l’OTAN, l’alliance Atlantique, devra donc se réaliser sans participation majeure de la France.

C’est une donne que les Européens et Alliés vont devoir prendre en compte… Il faudra qu’un pays prenne le relais de l’initiative.

Tous les regards se tournent alors vers Berlin (Rome et Madrid étant aux prises avec des difficultés économiques). L’Allemagne se retrouve ainsi avec un nouveau rôle, inconfortable, à endosser : celui de meneur de la politique européenne de sécurité.

Quatre défis urgents
Concrètement, quatre défis urgents se présentent aux Européens qui exigent une réponse rapide.

  • En premier lieu, il s’agit d’assurer la montée en puissance rapide de la mission de l’ONU en Centrafrique (MINUSCA), permettant ainsi aux Français de Sangaris de se désengager aussi vite que possible.



  • Deuxièmement, il faut examiner quels pays européens peuvent apporter à l’opération Barkhane, menée par la France dans les pays du Sahel, un soutien plus intense. Différents avions européens sont déjà mobilisés, assez discrètement, au travers du groupement européen de l’aviation de transport EATC, pour assurer le transport stratégique (Europe-Sahel). Mais c’est à peu près tout. Il s’agit de faire davantage, au moins au niveau logistique — soutien médical, essence, drones, etc. — afin de mieux partager l’effort à la fois en hommes, en moyens et … en finances. Une question d’autant plus cruciale que Paris a décidé de renforcer ses moyens dans la zone.




  • Troisième enjeu, il s’agit de renforcer l’action accomplie en Irak, dans la coalition internationale menée par les Américains.



  • Enfin, et plus difficile, il faut réfléchir sérieusement à l’action possible vis-à-vis du conflit intérieur libyen, d’une part pour éviter qu’il ne dégénère en une zone de non-droit, totalement incontrôlable, d’autre part, pour « éradiquer » les possibles foyers de terrorisme qui s’y trouvent afin d’éviter un débordement au nord vers l’Europe, à l’ouest vers la Tunisie, au sud vers le Sahel et le Tchad. Même réflexion à avoir sur la zone Nigeria-Cameroun, où on peut désormais parler clairement d’un « conflit » ou de « guerre » mené par Boko Haram contre les Etats de la région, après les attaques successives contre plusieurs villages au nord du Nigeria et sur la base de Kolofata au nord Cameroun, début janvier.



Repositionner les priorités européennes
De façon plus cruciale que jamais, la question du repositionnement de certaines missions et opérations de stabilisation menées actuellement par les Européens se pose. Certaines ont un intérêt en termes stratégiques, comme pratiques, très limité. D’autres relèvent carrément de la gabegie financière ou humaine.

L’opération de stabilisation EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine a une utilité plus que limitée en termes militaires mais continue d’employer plusieurs centaines d’hommes, dont la plus grande action, en quatre ans, a été de mettre à disposition des hélicoptères lors des inondations qui ont frappé la région (une discussion qui remonte déjà à 2009, lire : le retrait de se prépare). Un peu cher et un peu démesuré pour une simple opération de protection civile.

Dans d’autres termes, l’importante opération de l’OTAN menée au Kosovo (KFOR) doit retrouver un étiage plus limité. Le risque d’instabilité au Kosovo n’étant plus tout à fait du même ordre qu’il y a 15 ans ! Son pendant européen, mis en place pour consolider l’état de droit (EULEX Kosovo), opère déjà une décrue de ses effectifs. Et la suite de cette mission prête aujourd’hui à une réflexion qui devrait démarrer cette année.

Il faudra aussi s’interroger sur l’efficacité de certaines missions, telles EUPOL Afghanistan, qui a une utilité très limitée, et ne pas hésiter à fermer ou suspendre certaines missions. La mission EUBAM Libya, actuellement au « point mort » – avec des effectifs repliés à Tunis voire en « télétravail » !!! – consomme toujours un budget d’une dizaine de millions d’euros par an. Pour rien !
(Nicolas Gros-Verheyde)
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Laurent Simon
Whisky Quebec

UE : trois dossiers pour donner corps à la coopération militaire

Message par Laurent Simon le Lun 23 Mar 2015 - 16:04

19 décembre 2013

"UE : trois dossiers pour donner corps à la coopération"

La France espère convaincre ses partenaires d'avancer sur trois sujets concrets qui ne font pas tous l'unanimité au sein de l'UE.


  • Elargir le commandement européen du transport aérien EATC

(voir le fil EATC : L'EATC (European Air Transport Command) : mise en commun des capacités de transport militaires EU  )
La France soutient un projet d'extension de l'EATC (European Air Transport Command). D'abord, en élargissant le nombre de pays membres. L'EATC a apporté la preuve de son efficacité.

La France, par exemple, a réduit de 12 à 20 % le nombre de vols à vide, via cette structure, souligne-t-on dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Elle attire d'autres pays: l'Espagne doit annoncer qu'elle rallie l'EATC pendant le Conseil européen de défense, tandis que la Pologne et l'Italie sont «dans l'antichambre».

Paris ne cache pas que l'entrée de la Grande-Bretagne serait naturelle et justifiée sur le plan économique, d'autant que les Britanniques supportent le coût d'une surcapacité d'heures de vol.

«La Grande-Bretagne voit bien que c'est utile et que c'est efficace. Au plan opérationnel, elle est intéressée, mais au niveau politique, elle bloque, car c'est une structure permanente et aérienne», souligne-t-on à l'Hôtel de Brienne. Londres devrait attendre le sommet franco-britannique du 31 janvier 2014 pour annoncer une «forme d'association» à l'EATC.

Ensuite, la France souhaite une extension de l'EATC à la future flotte de ravitailleurs européens à l'horizon 2019. La Grande-Bretagne a déjà accusé réception de ses premiers Airbus A 330 MRTT, la France prévoit d'en recevoir deux d'ici à 2019 (dans le cadre d'une commande de 14), les Pays-Bas ont enclenché le processus de validation pour en acquérir tandis que l'Allemagne examine le dossier.


  • Mettre en place des incitations fiscales




La France prône la mise en place d'incitations fiscales pour encourager les projets communs telles que les acquisitions de capacité. Ce dispositif existe déjà au sein de l'Otan via l'Agence de prestataire de services et de logistique intégrée (NSTA) qui est alors propriétaire des matériels. Le Luxembourg, où elle est basée, renonçant à percevoir la TVA.

«Si les commandes d'Airbus MRTT étaient réalisées dans le cadre de l'Agence européenne de défense, ce serait alors la Belgique qui ne percevrait pas la TVA», explique-t-on à l'Hôtel de Brienne.

Ce dossier est compliqué par le fait que certains pays seraient perdants même si, souligne-t-on au ministère de la Défense, cette exemption «ne changerait pas radicalement l'équation budgétaire d'un pays».

La France, qui perdrait 20 % de recettes sur la TVA, promeut ce dossier sur lequel la Grande-Bretagne est «ouverte».
En revanche, Berlin est contre, la gauche allemande, membre de la nouvelle coalition au pouvoir, était hostile à tout cadeau fiscal fait aux industries d'armement.


  • Ouverture des marchés de défense




La France n'attend pas grand-chose sur le sujet de l'industrie européenne de défense qui est «le plus contentieux».

Paris souhaite lancer le débat sur l'ouverture des marchés de défense aux PME.

Au préalable, il faut définir ce qu'est une entreprise de défense et quels sont ses critères.


Dernière édition par Laurent Simon le Lun 23 Mar 2015 - 16:05, édité 1 fois
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Poncho (Admin)
Whisky Charlie

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Poncho (Admin) le Lun 23 Mar 2015 - 16:04

Merci

Il faut que je crée une sous section dans militaire / défense qui couvre cet aspect

Elle pourrait s'intituler
"Coopération militaires"
"Accords / Alliances militaire"

Ou tout autre

Je prends les avis


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@avia.poncho
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Laurent Simon
Whisky Quebec

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Lun 23 Mar 2015 - 16:08

Admin a écrit:Merci

Il faut que je crée une sous section dans militaire / défense qui couvre cet aspect

Elle pourrait s'intituler
"Coopération militaires"
"Accords / Alliances militaires"

Ou tout autre

Je prends les avis
"Coopération militaires" me semble très bien.
Car cela pourrait ne pas être exclusivement européen, exclusivement OTAN,
et cela pourrait même ne pas concerner directement l'Europe.

"Accord militaires" me semble un peu trop vague.
et "Alliances militaires" trop restrictif.
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Poncho (Admin)
Whisky Charlie

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Poncho (Admin) le Lun 23 Mar 2015 - 16:10

Banco


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@avia.poncho
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Laurent Simon
Whisky Quebec

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Lun 23 Mar 2015 - 16:19

Merci !
Ce qui est super, c'est que je n'ai même pas eu besoin de te demander de créer la grande catégorie nécessaire, et tu t'es saisi de la question aussitôt ! Bravo !
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Poncho (Admin)
Whisky Charlie

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Poncho (Admin) le Lun 23 Mar 2015 - 16:23

On ne va pas laisser cet outil en friche sous pretexte que le monde doit tenir en 140 signes Very Happy


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@avia.poncho
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Laurent Simon
Whisky Quebec

l'Eurocorps... et les États-Unis ! La brigade franco-allemande, Atalanta, EATC

Message par Laurent Simon le Lun 23 Mar 2015 - 16:48

25 avril 2013

Les États-Unis demandent à intégrer l'Eurocorps !
http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/les-etats-unis-demandent-a-integrer-l-eurocorps-25-04-2013-1659691_53.php


On en apprend de belles en lisant le énième rapport sur l'Europe de la défense, publié à la commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale par les députés Joaquim Pueyo (socialiste, Orne) et Yves Fromion (UMP, Cher), titré "La relance de l'Europe de la défense".



On y découvre notamment que les États-Unis réclament aujourd'hui officiellement le statut de "nation associée" à l'Eurocorps.



Les rapporteurs nous expliquent que l'Oncle Sam veut y intégrer "sept militaires, voire un peu plus. [...] Mais la concrétisation de ce projet bloque actuellement sur des questions de statut juridique des militaires américains qui seraient affectés à Strasbourg."



Pas de volonté politique


Rappelons que l'Eurocorps, opérationnel depuis 1995, est un état-major de corps d'armée européen. Il a vocation à diriger un ou plusieurs déploiements pouvant compter au total 65 000 hommes, mais ne dispose en permanence que d'un état-major de 400 hommes et d'une brigade multinationale d'appui au commandement de 600 hommes.



La France, l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne et le Luxembourg sont des "nations-cadres" de l'Eurocorps, auxquelles s'ajoutent les nations "associées", à savoir la Grèce, la Turquie, la Pologne et l'Italie. La Roumanie les rejoindra prochainement.



C'est aussi ce statut de "nation associée" que réclament les États-Unis.



Pour le reste, les rapporteurs soulignent que l'Eurocorps aurait été parfaitement adapté pour prendre en charge l'encadrement de l'opération Serval, au Mali : "À condition qu'une réelle volonté politique existe [...], si cette mission lui était attribuée, il serait capable de planifier une opération militaire terrestre dans des délais rapides." Certes, mais en matière de défense européenne, les "si" sont légion...



La brigade franco-allemande, symbole inutile ?


Car souvenons-nous de la brigade franco-allemande (BFA), qui existe depuis 25 ans en associant des unités françaises et allemandes, l'une de ces dernières étant implantée en France à Illkirch-Graffenstaden, beau symbole de la réconciliation entre les deux pays.



Mais les rapporteurs sont tout aussi effondrés par la brigade que par l'Eurocorps : "En réalité, la BFA est très utilisée, mais mal, c'est-à-dire pas sous la bannière européenne ; elle est projetée sur des mandats nationaux."



Et encore une fois, l'opération Serval est "typiquement l'opération dans laquelle la BFA aurait pu être utilisée. [...] Encore eût-il fallu une volonté politique et cette dernière a fait défaut." Plus fort encore !



La BFA n'a même pas été mise à contribution pour l'opération de formation de l'armée malienne confiée à l'EUTM-Mali, qui a mis des mois à se mettre en place. Mais non, encore raté !



Enchevêtrement d'organismes


Tout est à l'avenant : les structures européennes qui se consacrent à la défense sont innombrables, mais ne fonctionnent pas souvent, à l'image de la brigade franco-allemande qui ne possède aucun lien avec l'état-major de l'Union européenne.



Les rapporteurs écrivent d'ailleurs qu'"on se perd dans l'enchevêtrement de tous ces organismes".



Il existe pourtant quelques bons résultats, dont la mission anti-piraterie en Somalie Atalanta fait partie, et certains exemples de coopération industrielle européenne sont des succès.



Les armées de l'air coopèrent aussi efficacement, à tel point que les Européens ont pu fournir de gros moyens logistiques à l'opération Serval. À cet égard, les rapporteurs se plaisent à souligner que l'EATC (European Air Transport Command) est une vraie réussite.



Mais pour le reste, la défense européenne est encore une utopie : "Pourquoi tant d'instances, pourquoi tant d'efforts pour en arriver à si peu de résultats ? L'actualité malienne rend cette question encore plus lancinante."



Et de conclure : "Il est évident que l'Europe de la défense ne se construira pas à 27." À combien, alors ?
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Laurent Simon
Whisky Quebec

L'Union européenne reste paralysée sur les questions de défense

Message par Laurent Simon le Lun 23 Mar 2015 - 17:12

19 décembre 2013

L'Union européenne reste paralysée sur les questions de défense

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/12/18/l-union-europeenne-reste-paralysee-sur-les-questions-de-defense_4336253_3214.html

Article très intéressant, même si très peu optimiste.
La conclusion :
"Sur ces sujets, les trois puissances qui assurent 75 % de l'effort de défense européen, Allemagne, France et Royaume-Uni, se retrouvent ainsi dans une position de neutralisation réciproque.

Londres, allergique à toute duplication de moyens avec l'OTAN, voulait un sommet « profil bas » sur les aspects militaires, insistant sur « l'approche globale » de l'UE : en clair le développement de ses capacités civiles de stabilisation des crises. Néanmoins, le Royaume-Uni est sensible à la pression exercée par les Etats-Unis pour que les Européens assument mieux leur propre défense.

« Notre approche est celle du pragmatisme de court terme et de long terme. Notre partenaire français est pragmatique sur le court terme et plus ambitieux pour un “grand projet” sur le long terme, indiquait au Monde le ministre de la défense, Philipp Hammond, lors de sa dernière visite à Paris, fin octobre. Mais, au moins, sur le court terme, nous sommes à l'unisson. »


Paris affirme avoir une « responsabilité » à promouvoir l'Europe de la défense, mais doit marcher sur des oeufs pour ne pas perdre sur tous les tableaux. Il faut éviter ainsi les mots qui « congèlent tout », et d'abord l'idée d'un état-major européen. C'est le sommet franco-britannique du 31 janvier 2014 qui sera le lieu des annonces.

De son côté, Berlin apparaît comme une puissance contradictoire, avec une industrie de défense fortement exportatrice et une posture pacifiste mal comprise.



« L'Allemagne aura en 2020 la première armée européenne », note Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale.  Mais, estime-t-elle, « avoir un échange constructif sur la défense dépend du dialogue sur l'union monétaire. C'est un préalable ».

En prenant ses fonctions en 2012, le ministre de la défense français avait répondu aux sceptiques en ces termes : « On ne peut pas nous reprocher d'essayer. » Mme Guigou déclare en écho, « il faut continuer à essayer ».
"
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Laurent Simon
Whisky Quebec

Berlin veut participer au programme d'observation militaire CSO (satellite, composante spatiale optique)

Message par Laurent Simon le Lun 30 Mar 2015 - 17:56

Berlin veut investir dans le programme de satellite français CSO
d'observation militaire

Reuters
http://www.boursorama.com/actualites/berlin-veut-investir-dans-le-programme-de-satellite-francais-cso-37f2869283e9bdeca414ba8f48fe80de

BERLIN, 30 mars (Reuters) - L'Allemagne souhaite investir
210 millions d'euros dans le programme français de satellites
d'observation militaire CSO et obtenir en échange un droit
d'accès accru aux images fournies par les satellites, selon un
document parlementaire interne allemand vu par Reuters.

Cet investissement, qui correspondrait aux deux tiers du
prix d'un satellite de nouvelle génération de la composante
spatiale optique (CSO)
, doit encore être validé par le
Bundestag, précise ce document.

Le programme CSO a pour maître d'oeuvre Airbus Defense and
Space, filiale d'Airbus Group AIR.PA , à qui Thales Alenia
Space, coentreprise entre Thales TCFP.PA et le groupe italien
Finmeccanica SIFI.MI , fournira un instrument optique de haute
résolution à ces satellites de nouvelle génération.
-----
Selon ce même document, l'Allemagne et la France souhaitent
également signer un accord de principe sur une coopération
concernant le développement du futur drone MALE européen
d'observation.

Ce projet de drone, auquel participe également l'Italie,
est porté par Airbus Group, Dassault Aviation AVMD.PA et
l'italien Finmeccanica.
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Poncho (Admin)
Whisky Charlie

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Poncho (Admin) le Lun 30 Mar 2015 - 18:04

Stratégie des petits pas.
C'est déjà ça. ..
merci


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@avia.poncho
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Laurent Simon
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Satellites d'observation militaire CSO. France, Espagne, Italie, Allemagne... quid des divergences d'intérêt ?

Message par Laurent Simon le Lun 30 Mar 2015 - 18:36

Admin a écrit:Stratégie des petits pas.
C'est déjà ça. ..
En fait je ne sais pas trop quoi en penser.

Serait-ce au contraire une façon pour l'Allemagne de (continuer à) faire cavalier seul ?

Ou est-ce que l'Allemagne rencontrerait des difficultés sur son programme (seul) HiROS ?

Voir l'article TTU, de février 2014 :
"Spatial militaire : concurrence européenne"
http://www.ttu.fr/spatial-militaire-concurrence-europeenne/

"Bien que la France ait financé, en décembre 2010, deux des trois futurs satellites optiques militaires CSO, ainsi qu’une partie de la réalisation du segment sol devant servir de matrice à l’échange d’informations entre les nations participants au programme MUSIS, de profondes divergences d’intérêts demeurent sur fond de crise budgétaire et de réflexes souverainistes.

Le projet MUSIS avait, à l’origine, l’ambition de remplacer par un système commun les dispositifs en fin de vie utilisés jusqu’à présent par certains membres de l’Union européenne, tout en permettant, par un co-financement, à la Belgique, la Grèce, la Suède et la Pologne de rejoindre ce pool d’imagerie spatiale.
Alors que la France prenait l’initiative du segment optique en rempla­çant ses satellites Hélios par trois satellites CSO (Composante Spatiale Optique), l’Espagne se chargeait de la mise en orbite d’un satellite optique grand champ INGENIO, quant à l’Allemagne et l’Italie, elles prenaient la responsabilité de remplacer leurs satellites d’imagerie radar tout temps (respectivement SAR LUPE et Cosmo-Skymed) par les constellations SARah et CSG ;
l’Occar prenant à sa charge le design du CIL (Common Interoperability Layer), permettant aux pays signataires de désigner leurs objectifs, de réceptionner et de stocker les données collectées. Mais d’autres intérêts sont venus se superposer à ce projet fondé sur l’interdépendance et la complémentarité des données ROIM entre partenaires européens.
Coutumier des échanges «imagerie radar contre imagerie optique» avec la France depuis le début des années 2000, l’Allemagne, engagée dans MUSIS depuis la signature en 2008 d’une Letter of Intention, a lancé en parallèle et dans la plus grande discrétion un programme de satellite militaire optique baptisé HiROS.
Confié à la filiale d’Astrium InfoTerra GmbH, cette constellation de trois satellites de capacités toutes à la fois panchromatique, multispectrale et stéréoscopique (détection de changement) offre des caractéristiques séduisantes : d’une durée de vie de cinq ans, avec une masse de 820 kg, chaque plate-forme est placée sur une orbite basse à 490 km, pour une résolution de 50 cm (et 10 cm en élévation) avant interpolation, avec la possibilité de lui ajouter une capacité IR.
Ce système offre, en outre, des fauchées allant jusqu’à 60 km sur 60 km, en revisitant n’importe quel point du globe toutes les 24 heures, et peut fusionner sur son logiciel d’exploi­tation, réalisé par le DLR, des images SAR accompagnées de données AIS issues de microsatellites dédiés, afin, par exemple, de procéder au monitoring du trafic maritime militaire ou clandestin.
C’est le 8 avril 2009, selon un télégramme diplomatique révélé par Wikileaks, que le directeur adjoint du BND, Arndt Von Loringhoven, et le chef du département IMINT, le colonel Joachim Karl Trenker, ont informé leurs homologues américains de l’Agence géospatiale NGA de leur décision de devenir un leader du marché de l’imagerie données géospatiales, et surtout de renforcer leur lien avec les Etats-Unis en échangeant leur production.
Au début des années 90, le BND avait contribué à l’échec du programme franco-allemand de satellite SAR HORUS pour contracter un abonnement à la base américaine du NRO.
L’Allemagne pourrait ainsi être le seul pays européen à disposer de moyens optiques visibles, infrarouges et radars.
Seconde ombre au tableau, la constellation SAR CSG, qui était supposée être mise en orbite en 2015 et 2016, semble toujours privée des financements de l’Agence spatiale italienne.
Mais, surtout, au titre des offsets consécutives à l’achat par Israël des avions d’entraînement M-346, l’Italie a fait l’acquisition, en juillet 2012, du satellite militaire réalisé par IAI OPSAT 3000, qui succède à la génération des satellites OFEK 7.
Avec des caracté­ris­tiques proches du programme HiROS, cette plate-forme qui serait lancée en 2016 ne serait en fait qu’une solution d’attente devant préparer l’arrivée du satellite national OPSIS, dont le contrat pour la phase de définition a été remporté par la filiale milanaise de la firme allemande OHB, maître d’œuvre des programmes SAR LUPE et SARah.
Le lancement de ces program­mes concurrents de satellites optiques militaires pourrait donc fragiliser, à terme, la capacité de la France à négocier, avec ses partenaires européens, du rensei­gnement radar contre de l’imagerie. Les budgets de défense n’étant pas extensibles, ils risquent aussi de limiter le financement des programmes radars sur lesquels Allemands et Italiens s’étaient engagés.
La France sera-t-elle contrainte de développer ses propres capacités en matière de satellites radars ?
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Laurent Simon
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Le projet Hiros, coopération secrète Allemagne Etats Unis, selon Wikileaks.

Message par Laurent Simon le Lun 30 Mar 2015 - 18:59

Wikipedia
https://fr.wikipedia.org/wiki/HiROS

et en allemand, pas beaucoup plus détaillé.
https://de.wikipedia.org/wiki/HiROS

La traduction par Google n'est vraiment pas efficace ici.
Y a t il quelqu'un qui pourrait traduire les deux dernières phrases ?
"Nach Bekanntwerden der Depeschen wollte die Bundesregierung das Projekt nicht mehr mit einer dreistelligen Millionensumme unterstützen.[3] Das Projekt war zum Teil Gegenstand einer kleinen Anfrage von Politikern der Linken an die Bundesregierung.[4] Das DLR teilte im Juli 2014 mit, dass alle „alle nationalen Aktivitäten für das Konzept HiROS eingestellt worden sind.“[5]"



--------------------------------
Le Monde 3 janvier 2011.
Washington et Berlin développent des satellites espions, affirme WikiLeaks

http://www.lemonde.fr/documents-wikileaks/article/2011/01/03/washington-et-berlin-developpent-des-satellites-espions-affirme-wikileaks_1460272_1446239.html

"Les Etats-Unis et l'Allemagne développent conjointement et secrètement, sous couvert d'activités commerciales, de nouveaux satellites espions malgré de vives oppositions françaises, selon des câbles diplomatiques obtenus par WikiLeaks et publiés lundi par le journal norvégien Aftenposten.

Le projet, baptisé HiROS, verrait la construction d'un nombre indéterminé de satellites d'observation de haute résolution, capables de discerner des objets de 50 cm, d'envoyer leurs images sur Terre beaucoup plus rapidement que les satellites actuels, ou encore de prendre des photos infrarouges la nuit.

Officiellement destiné à des fins environnementales civiles — 70 % de la capacité des satellites serait vendue à des acteurs privés —, le programme serait en fait "sous le contrôle complet" des services secrets allemands (BND) et de l'agence spatiale allemande (DLR).

Les notes de l'ambassade des Etats-Unis à Berlin, citées par Aftenposten, couvrent la période février 2009-février 2010. Il en ressort aussi que certains pays, "tout particulièrement la France", ont tenté de faire capoter le projet par tous les moyens.

Mais l'opposition française aurait été balayée par les responsables allemands qui, toujours selon les notes, seraient excédés "d'être manipulés par la France", dont ils remettent en question les pratiques commerciales douteuses et la politique de subventions cachées.

DES SATELLITES OPÉRATIONNELS EN 2012 OU 2013
"Absolument aucune coopération n'est prévue avec la France ou un quelconque autre Etat de l'UE pour le projet HiROS", aurait déclaré un responsable de la DLR, Andreas Eckart, cité en norvégien par Aftenposten. Selon le journal, les satellites, d'un coût total de 1,6 milliard de couronnes (205 millions d'euros) devraient entrer en exploitation en 2012-2013


Officiellement, la France et l'Allemagne sont engagées dans le programme commun d'imagerie spatiale Musis (Multinational space-based system) aux côtés également de la Belgique, de l'Espagne, de la Grèce et de l'Italie. L'ambassade des Etats-Unis à Oslo se refuse à commenter toutes les informations liées à WikiLeaks, tandis que l'ambassade d'Allemagne renvoie vers le gouvernement allemand pour tout commentaire."
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Laurent Simon
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Un potentiel accord France-Allemagne pour réaliser un 3e satellite de surveillance de nouvelle génération CSO (Composante spatiale optique)

Message par Laurent Simon le Lun 30 Mar 2015 - 21:54

Un article 'AFP) est optimiste :

http://rapideinfo.net/node/1007
"UNION EUROPÉENNE: Conseil des ministres franco-allemand mardi à Berlin"


"... L’Allemagne, de son côté, montre une volonté d’être plus active militairement sur la scène internationale, comme au Mali, où la Brigade franco-allemande participe à des actions de formation de l’armée malienne au sein de la mission européenne EUTM.

Des annonces devraient être faites à Berlin concernant la coopération franco-allemande en matière d’industrie de défense.

Un accord pour la réalisation d’un 3e satellite de surveillance de nouvelle génération CSO (Composante spatiale optique) sera ainsi sur la table et pourrait être formalisé en juin, selon une source diplomatique à Paris.

Les deux pays devraient par ailleurs s’engager dans le développement d’une nouvelle génération de drones de surveillance à l’horizon 2020-2025, selon la même source. "
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Laurent Simon
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Après des années d’hésitation, l’Allemagne a décidé de participer, à hauteur de 200 millions d’euros, à la construction du troisième satellite CSO

Message par Laurent Simon le Lun 30 Mar 2015 - 22:05

Là tout s'explique...

"À la France les satellites d’observation, à l’Allemagne les drones"

http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/03/30/a-la-france-les-satellites-d-observation-a-l-allemagne-les-drones_4606001_3234.html


À la France les satellites militaires de reconnaissance optique, à l’Allemagne les drones de surveillance.

Ainsi peut se résumer l’accord dans le secteur de la défense qui sera présenté, mardi 31 mars à Berlin, dans le cadre du conseil des ministres franco-allemand.

Après des années d’hésitation, l’Allemagne a décidé de participer, à hauteur de 200 millions d’euros, à la construction du troisième satellite de la composante spatiale optique (CSO), un programme de satellite « espion » lancé par la France en 2010.

Cette future constellation est appelée à succéder aux satellites Hélios dans le cadre du programme d’imagerie spatiale et de sécurité Musis. Le début du déploiement de cette constellation est prévu en 2017.

Particularité de cet accord, l’Allemagne, bien qu’apportant les deux tiers de l’investissement, aura très peu, voire pas du tout de retombées industrielles, contrairement à ce qui est le cas habituellement dans ce type d’accord européen. Tous les satellites CSO sont fabriqués à Toulouse chez Airbus Defence and Space, Thales Alenia Space fournissant l’optique.

La raison est simple : en matière d’observation, les choix technologiques ont été différents. Paris a privilégié l’optique alors que Berlin a développé un système satellitaire utilisant un radar, appelé SAR-Lupe. Les deux pays pourront échanger des capacités et des données fournies par les satellites CSO et SAR-Lupe.

Première étude de faisabilité (drône MALE)

Outre-Rhin, ce virement de cap vers une solution française a été difficile à négocier avec les industriels qui se sont sentis lésés. Les négociations ont d’ailleurs duré près de dix ans, ayant débuté en 2006.

Toutefois, pour rééquilibrer l’accord, Berlin a obtenu d’être le principal acteur industriel dans un autre domaine, celui des drones de surveillance Male (Moyenne altitude longue endurance).


Soutenu par trois pays, l’Allemagne, la France et l’Italie, et leurs industriels, Airbus Group, Dassault Aviation et Finmeccanica, ce projet, s’il aboutit, devrait voir le jour à l’horizon 2 025.

En juin, à l’occasion du salon aéronautique du Bourget, les trois pays accorderont aux industriels 60 millions d’euros au total (20 millions par pays) pour une première étude de faisabilité.

Cela reste un investissement très symbolique, comparé au coût de développement, estimé à plus d’un milliard d’euros. La question de son financement se posera alors.

Côté Français, cette perspective n’est pas envisagée dans la loi de programmation militaire (2014-2019). Le livre blanc, qui définit l’évolution des armées, donne la priorité au recueil d’informations par satellites et non aux drones. Tout l’enjeu est de savoir si les Européens peuvent encore combler le retard pris dans les drones de surveillance, marché dominé par les Américains et les Israéliens.
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L'OCCAR, son rôle, les enjeux, les programmes gérés, les difficultés, ce qui fonctionne (EATC)

Message par Laurent Simon le Mar 7 Avr 2015 - 12:51

Retour (fév. 2013) sur le rôle de l'OCCAR,
excellente interview, panoramique, sur l'Occar, l'AED, les pays européens, les programmes en cours, les difficultés, ce qui marche,

"Je crains un repli sur soi des Européens au détriment des coopérations" (patron de l'OCCAR)

Début de l'article :
A l'occasion de son départ ce jeudi de l'Occar, qui gère une partie des programmes d'armement réalisés conjointement à plusieurs pays européens, Patrick Bellouard regrette la frilosité des Européens en matière de coopérations. Le directeur de l'Organisation conjointe de coopération en matière d'armement annonce la livraison du premier A400M fin mai, début juin à l'armée de l'air française.

Avec la crise financière qui frappe durement l'Europe, les pays européens lancent de moins en moins de programmes, notamment en coopération. Quelle est votre analyse ?
Je suis fermement convaincu que les pays européens trouveront plus de solutions dans leurs programmes d'acquisition en lançant des programmes en coopération, surtout en période de crise.

Malheureusement la coopération semble au contraire marquer le pas depuis quelques années. Les budgets de défense contraints n'offrent plus aucune flexibilité compte tenu des programmes déjà lancés et les pays européens, qui parent au plus pressé, préfèrent préserver le court terme.

Je crains beaucoup un repli sur soi des nations européennes au détriment du long terme et donc de la coopération.

Ces comportements risquent de conduire à de nouvelles duplications avec le lancement de programmes nationaux. Car chaque pays entend ainsi préserver ses capacités industrielles.

Pourtant l'Europe dispose avec l'OCCAR d'un outil pour gérer ces projets en coopération.

Depuis 10 ans, nous avons livré un certain nombre de systèmes d'armes, qui sont actuellement en service sur plusieurs théâtres d'opérations extérieures.

C'est le cas par exemple pour

  • le blindé Boxer (déployé par l'Allemagne en Afghanistan)
  • ou encore l'hélicoptère Tigre (déployé par la France en Afghanistan, Libye et Mali et déployé par l'Allemagne et bientôt l'Espagne en Afghanistan).


Je regrette que l'A400M n'ait pas été prêt (il le sera dans quelques mois) pour l'opération Serval au Mali : il aurait été bien utile.

L'OCCAR sait également préparer l'avenir en pouvant être un maître d'oeuvre de programmes ou de démonstrateurs en étroite coopération avec l'Agence européenne de défense (AED).

Détails sur les drones, l'A400M :

Quelles sont les carences que vous observez aujourd'hui dans les forces armées européennes ?
L'Europe semble avoir des difficultés à lancer des programmes de drones d'observation et de drones de combat, qui pourraient être deux marchés importants. Il y a des intérêts nationaux, qui rendent les discussions difficiles entre nations européennes.

Au final, le risque c'est que certains pays achètent des systèmes d'armes sur étagère alors que l'Europe est globalement capable de lancer un programme fédérateur pour équiper les pays européens.

Aujourd'hui, l'Europe n'a pas encore pris toute la mesure de ce que l'on peut faire avec les drones.

Une fois que l'on aura réglé l'insertion des drones dans le trafic aérien civil, l'utilisation de ces systèmes sera accrue. L'OCCAR est prêt à agir rapidement si on lui confie un programme de drone en coopération.

Pourtant dans les drones de combat, la France et la Grande-Bretagne coopèrent...
... La France, en coopération avec d'autres nations, et la Grande-Bretagne ont d'abord lancé chacun un programme de démonstrateur de drone de combat. Il y a, c'est vrai, aujourd'hui des discussions entre la France et la Grande-Bretagne pour fédérer ces efforts.

L'OCCAR est reconnu comme l'organisme de référence pour gérer un tel programme en commun entre la France et la Grande-Bretagne ainsi que d'autres partenaires éventuellement, mais l'OCCAR n'a pas encore été formellement impliqué dans les discussions. L'OCCAR est la meilleure garantie pour la gestion dans la transparence de ce programme.

Où en est le programme A400M ?
La prochaine étape, c'est la livraison du premier appareil fin mai, début juin 2013. Tout le monde s'est engagé sur ce calendrier. Le MSN007, qui doit être livré à l'armée de l'air française avec le premier standard opérationnel qualifié (IOC), volera pour la première fois en mars.

L'avion livré aura 100 % de sa capacité logistique (32 tonnes). Nous serons en mesure de qualifier un nouveau standard de l'appareil tous les ans environ (5 standards, ndlr), jusqu'au standard définitif qui équipera tous les avions.

Et pour le soutien de cet appareil ?
Nous sommes engagés sur plusieurs fronts. Nous avons signé récemment un contrat de soutien initial portant sur une période de 18 mois pour les premiers appareils français.

Nous devrions signer dans les prochains mois un contrat semblable pour le soutien des avions turcs. Au-delà, nous préparons le soutien en coopération des appareils franco-britanniques, en tenant compte progressivement de l'expérience acquise.

J'ai bon espoir que les autres nations, qui n'ont pas encore fait connaître leurs besoins, rejoindront le schéma franco-britannique, un schéma souple permettant d'impliquer les industriels locaux.

De façon plus générale, les nations clientes de l'A400M devraient signer un arrangement technique fin 2013. Cet accord permettra d'assurer une coopération sur le long terme et d'éviter que la configuration de l'avion diverge.
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Laurent Simon
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L'introduction de l'A400M dans l'AA française, un catalyseur du changement

Message par Laurent Simon le Mar 7 Avr 2015 - 14:05

The Introduction of the A400M into the French Air Force: A Catalyst for Change

http://www.sldinfo.com/the-introduction-of-the-a400m-into-the-french-air-force-a-catalyst-for-change/

23 janv. 2015.

Article intéressant, assez panoramique.

The A400M has entered into service with the French Air Force concurrent with a change in the French Air Force (FAF) command structure and the growing importance of the European Air Transport Command (EATC).

Le début de l'article :

This means that the training, and operational approach of the new French command and the evolution of the EATC will shape the approach to further developing and using the aircraft.
In an interview during her visit to the Bordeaux-Mérignac Air Base in June 2014, Murielle Delaporte interviewed General Serge Soulet, the Commander of the Air Forces, which is a newly readiness command. Her full interview appears in the latest issue of Opérationnels SLDS.

Delaporte is the co-founder of Second Line of Defense, and the publisher and editor-in-chief of Opérationnels SLDS.
In this piece, we will highlight some of the key highlights from that interview.

The new command headed by General Soulet is the Unified Command of the New Generation or the CFA NG.
It provides support for the standing up, and deployment of the French Air Force world-wide.

It is a unique French command drawing together preparation, training and support for the force at home and abroad. 
As such, the command is looking at the entire chain of custody for the support to operations of French Air Force platforms.

It is from this perspective that the A400M is being introduced into the FAF and its relationship to the entire lift and combat fleet.
An additional aspect of contextual significance is the emergence of the multinational EATC. 
According to the EATC itself, the role is to enhance synergy and capabilities among the member nations airlift and tanking fleets.
The Netherlands, Belgium, France and Germany have put major parts of their air transport- and air-to-air refueling fleets under the operational control (OPCON) of the EATC.


On 22 November 2012 Luxembourg officially joined the EATC, Spain followed on 03 July 2014, finally Italy on 04 December 2014.
Now the missions of almost 200 aircraft are planned, tasked and controlled out of Eindhoven.


In addition to that the EATC runs a nationally defined level of responsibility for aircrew training, coordination of training and exercise objectives as well as the harmonization of appropriate air transport regulations of the participating nations.


The overall objective is to manage the scarce resource air transport as effectively and efficiently as possible.


As Delaporte notes, the introduction of the A400M is both cause and consequence of the EATC. 
The A400M as a multinational project allows EATC members to shape ways to work more effectively together and the EATC provides a framework within which multinational cooperation can be enhanced within the role out of the A400M itself, notably with the first users of the aircraft, namely, France, Germany and Spain.

General Soulet. Credit: French Air Force
In the interview, General Soulet highlights several key aspects of the A400M roll out.

First, he notes that the Multinational Entry into Service or MEST team played a key role in preparing for the introduction of the aircraft into the FAF.
The French team forged into a MEST worked closely with Airbus Military in training and preparing for the introduction into service of the A400M in 2014.

Second, similar to the position of Air Commodore Warren McDonald who argued that the introduction of the KC-30A has meant that the RAAF has had one foot in operations and another in program development, General Soulet underscores that the A400M will mature as it operates.

This is true because new capabilities are being added to the aircraft over time, and that the maturation of the aircraft requires building in over time the findings from real world operational experience.
Third, a major change facing the FAF or any air force using the A400M, is to unlearn some past experience.

He argues that the A400M essentially changes the nature of the game inherited from the Transall or the C-130.

He argues as well that the aircraft is not simply a logistical asset, but a tactical one in terms of its ability to operate close to the forces engaged in the battlespace.

But this capability to do so will not happen in a day, it will take some time to develop. ...
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L'EATF est entrée dans la "deuxième phase" (2015-2017) d'optimisation (EDA dixit)

Message par Laurent Simon le Mar 7 Avr 2015 - 15:47

European Air Transport Fleet enters 'second phase'

http://www.janes.com/article/48101/european-air-transport-fleet-enters-second-phase

Janvier 2015


The European Air Transport Fleet (EATF) partnership has now entered into its 'second phase' of optimising the use of existing and future national fleets of military transport aircraft in the continent, the European Defence Agency (EDA) announced on 19 January.

  • With the first phase of harmonising diplomatic clearance mechanisms and procedures, and the hosting of live exercises and training events having run from 2011 to 2014, this second phase will build on this work and run through to 2017.


  • According to the EDA, EATF Phase 2 will include the continuation of the harmonisation of rules, regulations, tactics, techniques and procedures, while developing user groups around airlift platforms such as the Airbus Defence and Space (DS) A400M Atlas, Airbus DS A330 MultiRole Tanker Transport (MRTT), Airbus DS C295, and Embraer KC-390. 

         These will be modelled on the user group already being tested for the Alenia Aermacchi C-27J Spartan, and will be developed in co-operation with the European Air Transport Command (EATC) in Eindhoven, the Netherlands.

  • A third and final EATF phase, which is set to run from 2017 to 2021, will seek deeper co-operation between participating nations with regards to new capabilities.


Launched in 2011, the EATF comprises Austria, Belgium, Bulgaria, Croatia, Cyprus, Estonia, Finland, France, Germany, Greece, Hungary, Italy, Latvia, Lithuania, Luxembourg, Malta, Poland, Portugal, Romania, Slovakia, Slovenia, Spain, Sweden, the Czech Republic, the Netherlands, the Republic of Ireland, and the United Kingdom.

COMMENT

The EATF is one of a number of pooling activities that European Union member states have been looking to roll out with the aim of achieving savings in expenditure through greater efficiencies.

However, while such initiatives look great in theory, the potential cost saving will only be truly achieved if the participating nations take the concept on from training and support, and carry it into shared procurement programmes and even look at pooling capabilities across national borders.


States have been reluctant to take such steps to now, given the resultant reductions in manpower and the perceived eroding of national sovereignty, but step-by-step such initiatives will undoubtedly grow as ever-greater savings and cost efficiencies are sought across the continent.
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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Poncho (Admin) le Mar 7 Avr 2015 - 16:01

Les anglais sont-ils dans la phase 2 ?


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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Mar 7 Avr 2015 - 16:10

Admin a écrit:Les anglais sont-ils dans la phase 2 ?
J'ai peut-être loupé qqch, mais d'après ce que je comprends, ils étaient déjà dans la phase 1 ", and the United Kingdom."
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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Poncho (Admin) le Mar 7 Avr 2015 - 16:16

Ils ne figurent pas sur la carte des moyens
http://eatc-mil.com/27/Fleet

ou figure pourtant les italiens (phase 2)


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EATC, EATF, EAATTC...

Message par Laurent Simon le Mar 7 Avr 2015 - 16:46

Admin a écrit:Ils ne figurent pas sur la carte des moyens
http://eatc-mil.com/27/Fleet

où figurent pourtant les italiens (phase 2)
euh... Je sais bien bien, il ne faut pas s'y perdre, mais il ne faut pas confondre :

  • l'EATF (voir la liste, 27 si j'ai bien compté) qui dépend probablement des efforts de l'Agence Européenne de Défense (EDA - AED)
  • et l'EATC, qui ne compte que 7 membres (les 6 du Marché Commun + l'Espagne, à compter de décembre 14), qui est la structure de "pooling and sharing" des pays volontaires pour éviter les vols à vide notamment, par une structure souple (chaque pays peut retirer à tout instant tout ou partie des avions mis en commun) ; ce qui devrait aider à ce que d'autres pays, comme le RU, y participe, mais pour le moment il n'y a que ces 7 là.


Il faut aussi compter avec

  •  l'EAATC 

http://club.bruxelles2.eu/2015/03/cours-de-formation-tactique-pour-laviation-de-transport-europeenne-en-bulgarie/

  • (parmi les autres formations et exercices 

http://eatc-mil.com/180/Training-and-Exercises ):

http://eatc-mil.com/186/EATT-
http://eatc-mil.com/189/EART-
http://eatc-mil.com/187/EATT-maintenance

http://eatc-mil.com/190/MART (depuis déjà 2012, alors que le reste date de 2014 d'après ce que j'ai compris)


Cours de formation tactique pour l’aviation de transport européenne en Bulgarie


Initié par l’Agence européenne de défense (EDA) et géré par le Commandement du transport aérien européen (EATC), cette série de cours d’aviation tactique (EAATTC) vise « à fournir aux équipages de transport aérien une organisation et des syllabus musclés sur les tactiques de transport aérien. L’objectif est d’améliorer l’interopérabilité entre les forces aériennes européennes » indique l’Agence européenne de défense « et la faculté de survie du personnel d’avions de transport en environnement hostile » ajoute un officier ayant participé à ce cours précédemment.

Au menu : sessions de formation théorique et vols de familiarisation, avec à la sortie du stage, un certificat qualifiant permettant aux instructeurs qui se sont déplacés de pouvoir à leur tour former des équipages dans leur pays.

Chaque participant est, en effet, censé acquérir (ou recouvrer) le statut « combat-ready », nécessaire pour des opérations en zones difficiles.

Une formation équivalente à celle existante outre-Atlantique

Cette formation européenne « remplace, de façon avantageuse, le cours organisé auparavant aux Etats-Unis », a indiqué à B2 un expert de l’Agence européenne de défense. 

Un cours qui se déroulait dans le Missouri. L’AATTC est une « référence mondiale » selon des officiers aériens qui y ont participé ...


Dernière édition par Laurent Simon le Mar 7 Avr 2015 - 17:20, édité 1 fois
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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Poncho (Admin) le Mar 7 Avr 2015 - 17:17

Ca devient complexe... (une manuie européenne ?)

:d


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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Mar 7 Avr 2015 - 17:26

Admin a écrit:Ca devient complexe... (une manie européenne ?)

:d
C'est peut-être effectivement un travers européen,
mais il est vrai que le nombre de questions / facettes à traiter est assez grand, et qu'il vaut mieux savoir de quoi on parle.

Le jargon, s'il est maîtrisé, peut éviter probablement des problèmes (il peut aussi en créer d'autres à côté !)

Mais si les dysfonctionnements européens se limitaient à cela, ce ne serait pas bien grave.  Malheureusement ce n'est pas le cas...

En même temps il ne faut pas être trop critique : l'Europe est le seul continent où de tels efforts sont réalisés, dans de très nombreux domaines, y compris celui-ci, et c'est même un exemple (malgré les travers) pour les autres pays des autres continents.
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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Poncho (Admin) le Mar 7 Avr 2015 - 17:29

Je ne suis pas critique
J'apprécie la stabilité que toute ces initiatives procurent.


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