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Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

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Beochien
Whisky Charlie

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Beochien le Mer 27 Sep 2017 - 12:36

Oui, la France se contentera d'une minorité de blocage dans les 2 cas, Alsthom déjà coupé en 2, et STX.
Bien enveloppé à la sauce Science Po / ENA, une magnifique réussite du govt Rolling Eyes , et pleine d'avenir, comme d'hab.  violon

QQ'un se souvient d'Alcatel-Lucent, consortium "Global"  Wink
J'y ai eu droit, bien indirectement !

Laurent Simon
Whisky Quebec

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Mer 27 Sep 2017 - 21:31

Pour STX - Fincantieri, des précisions supplémentaires sur l'accord :
https://www.tdg.ch/economie/Paris-et-Rome-veulent-un-Airbus-naval/story/10322014

Laurent Simon
Whisky Quebec

Rafale vs F35 en Belgique ?

Message par Laurent Simon le Sam 7 Oct 2017 - 17:21

Pour prolonger des échanges sur le fil Rafale, le bel oiseau

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/florence-parly-garde-toujours-bon-espoir-de-vendre-le-rafale-a-la-belgique-753201.html

"Contrairement à ses concurrents, qui ont répondu à l'appel d'offres, la France a proposé que le contrat se fasse dans le cadre d'un accord d'État à État comprenant également des mesures de coopération. Dans ce cadre, Florence Parly, a proposé à son homologue belge Steven Vandeput "la mise en place d'un partenariat approfondi" entre les deux pays, "pour répondre au besoin exprimé par l'armée de l'air belge", avait expliqué début septembre le ministère des Armées dans un communiqué. La France propose un "partenariat structurant", qui pourrait prendre la forme d'un accord intergouvernemental.
Selon le ministère français, ce partenariat comprendrait la fourniture du Rafale. Plus précisément, la Belgique prendrait part à la définition du standard de l'avion de combat tricolore ainsi qu'aux modernisations de l'appareil. Ce partenariat comprend également "une coopération approfondie entre nos deux armées de l'air dans les domaines opérationnels, de formation et de soutien, ainsi qu'une coopération industrielle et technique impliquant des entreprises des deux pays". Mais pour le ministre belge de la Défense, Steven Vandeput, la Belgique s'exposerait à "des poursuites judiciaires" en prenant en compte l'offre française, formulée hors du cadre de l'appel d'offres. "Il appartient au gouvernement de décider des suites à donner", a-t-il précisé."

Poncho s'étonnait de ce que la France ait répondu trop tard. Mais comme le faisait remarquer Philidor, si l'appel d'offre a été rédigé de sorte que seul l'avion de l'oncle Sam puisse répondre, qu'est-il possible de faire ?
Voir le (2e) appel d'offre KC X ayant abouti à la sélection du KC-46.
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Beochien
Whisky Charlie

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Beochien le Sam 7 Oct 2017 - 18:05

Avec un ministre de la défense Flamand, ce n'est pas gagné.
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massemini
Whisky Quebec

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par massemini le Sam 7 Oct 2017 - 19:19

En 1975, c' est la Belgique qui avait fait traîner les choses avant de se décider à signer le samedi, veille de la clôture du Salon du Bourget. (6 mois de tergiversation environ)
Ce coup-ci, c' est encore la Belgique (peut-être), qui permettra de désigner le F35 (par de gens habilités à parler et/ou écrire), comme le vainqueur de ce 3ème Marché du Siècle, commencé en 2008.
Une sorte de marché au ralenti en quelque sorte.... Rolling Eyes
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Laurent Simon
Whisky Quebec

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Ven 2 Nov 2018 - 17:02

Un excellent document,
une thèse en fait, sur l'excellent exemple de la coopération entre les 7 pays ayant rejoint l'EATC (les 6 du marché commun en 1957 + l'Espagne)
les enseignements à tirer, et ses limites

https://www.eda.europa.eu/docs/documents/17-eatc---a-successful-example-for-pooling-sharing-(lt-col-marc-liboureau-eatc).pdf

Quelques formulations très intéressantes :

  •  le lien entre UE et EATC (du fait que les pays EATC sont tous membres de l'UE), qui a incité l'Italie à adhérer, et l'Italie a contribué à ce que l'Espagne adhère
  • ce lien, informel, qui a au contraire gêné / empêché le RU, d'adhérer, le Brexit se profilant alors, malgré tous les gains que pourrait en tirer le RU
  • en quoi (p 14) il est nettement plus commode d'être membre, plutôt que de devoir essayer de trouver 'à la main' une correspondance entre chaque besoin et les missions prévues (MCCE, de l'Otan)
  • The fact that the EATC controls more than 60% of the whole European transport capacity, also makes it very likely that any standard agreed among its PNs would become the de facto European standard. Bulgaria has for example already adopted in its national system some regulations that were developed by the EAWhat really tips the balance in favour of the EATC, however, is the sheer size of the Functional Division.120 No single European country or organisation has 60 people tasked with finding the best and most efficient way to use their airlift fleet.121 As a comparison, the European Union Military Staff has a total of two officers dealing with the same subject. This makes the EATC the main repository of expertise on the subject of air transport and air-to-air refuelling in Europe, and the natural place where to develop the future doctrines and regulations concerning those domains.123 Such a status has recently been recognised by the EU Military Staff, which signed at the end of April 2016 a Memorandum of Understanding with the Commander of the EATC to gain access to the expertise of the Functional Division
  • les 3 raisons que cite l'auteur qui lui font penser qu'il est peu probable que cet EATC puisse être élargi au-delà de ces 7 pays (j'avais pensé il y a plusieurs années que cette façon de faire devrait être limitée à environ 6 membres... pour des raisons 'humaines') Very Happy


La discussion sur l'extension possible, à d'autres pays, à d'autres secteurs, est également extrêmement intéressante, ainsi que les limites, et les conclusions.

Voir aussi le fil spécifique sur l'EATC, et les autres documents (Agence de Défense Européenne, + chiffres) que je viens d'y signaler :
http://avia.superforum.fr/t1556-l-eatc-european-air-transport-command-mise-en-commun-des-capacites-de-transport-militaires-eu


Dernière édition par Laurent Simon le Ven 2 Nov 2018 - 18:36, édité 3 fois
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Laurent Simon
Whisky Quebec

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Ven 2 Nov 2018 - 18:04

Et aussi cet excellent article de D.Ranque (2016, mais gardant toute sa pertinence)
https://www.lajauneetlarouge.com/article/la-defense-europeenne-en-panne-de-volonte-politique

"...Pourtant, la demande de sécurité des citoyens européens est forte, mais l’Union européenne semble difficilement faire face aux menaces nouvelles et sa légitimité en est ébranlée. L’émergence de partis nationalistes en est le symptôme.
Pour regagner l’adhésion des citoyens, l’Union devrait aussi progresser dans le champ régalien, répondant ainsi à leur demande même : sept Européens sur dix se déclarent favorables à une politique de sécurité et de défense commune.

DÉSENGAGEMENT AMÉRICAIN

Le renforcement de la défense européenne obéit également à un impératif géostratégique. Les États-Unis orientant leur horizon vers l’Asie-Pacifique, ils demandent aux pays européens d’assumer plus d’efforts pour défendre le continent.
“ Les États de l’Union se replient sur leur souveraineté ”
Lors du sommet de l’Alliance au Pays de Galles en 2014, les membres européens de l’Otan s’étaient engagés à mettre fin à la réduction de leur budget de défense et à consacrer au moins 2 % de leur PIB aux dépenses de défense et 20 % de leurs dépenses militaires à l’investissement.
Aujourd’hui, cet objectif minimum est loin d’être satisfait, en particulier pour les grands pays dont la France.

LA NÉCESSAIRE RELANCE DES INITIATIVES EUROPÉENNES

Comment relancer cette défense européenne dont nous avons tant besoin ? D’abord en y consacrant plus de moyens ; les efforts de réduction des déficits budgétaires se sont plus souvent traduits par des coups de rabot uniformes que par une véritable focalisation des États sur leurs missions régaliennes.
“ Initier une dynamique vertueuse susceptible d’essaimer vers d’autres coopérations ”
La montée des menaces conduit déjà certains États européens à réviser leur budget de défense à la hausse. C’est le cas de la France, mais aussi de l’Allemagne, dont les réticences historiques s’estompent progressivement face à la réalité géostratégique mondiale : le pays envisage sérieusement d’augmenter son effort de défense par un investissement de 130 milliards d’euros pour les équipements d’ici à 2030.
Même tendance au Royaume-Uni, où un investissement de 178 milliards de livres pour les équipements et le support sur les dix prochaines années a été annoncé. La Pologne ou encore la Suède suivent le mouvement.
Il va sans dire que ces efforts budgétaires seraient plus efficaces s’ils étaient mieux coordonnés, notamment au service de programmes de défense communs, capables de démultiplier les capacités, rompant avec le cercle vicieux où la raréfaction des crédits pousse les acteurs à se replier sur le champ national.

DÉVELOPPER LES COOPÉRATIONS

À moyen terme, il faut utiliser et approfondir les mécanismes de coopération existants : les outils sont là, mais la volonté politique manque pour assumer l’ambition d’une autonomie stratégique et pour retirer les bénéfices potentiels d’une véritable Europe de la défense.
Donner plus de moyens à l’Agence européenne de défense (AED) pourrait être une piste, prioritairement pour harmoniser les besoins et coordonner les réponses. Mutualiser les capacités devient impératif, en commençant par les plus faciles : transports, logistique, infrastructures, etc.

©️ SERGIO MARTÍNEZ / FOTOLIA.COM

© FRANZ MASSARD / FOTOLIA.COM
Après l’Eurofighter et le Rafale, la question du futur avion de combat se pose.
La question du financement de projets de défense ou de recherche par le budget communautaire mérite également d’être étudiée et il faut saluer les premières tentatives dans ce sens.
À court terme, deux axes pourraient être privilégiés : le rassemblement des États de l’Union autour d’un projet de sécurité mobilisateur ainsi que la canalisation des efforts budgétaires européens vers des projets industriels communs.

PROTÉGER NOS FRONTIÈRES

Il est urgent d’enclencher une dynamique de coopération autour d’un sujet d’intérêt commun : la nécessaire protection des frontières extérieures de l’espace Schengen. En travaillant ensemble sur ce sujet, les États européens pourraient enclencher une dynamique vertueuse susceptible d’essaimer vers d’autres coopérations, plus spécifiquement axées sur la défense, la perméabilité des domaines de la défense et de la sécurité aidant.
Il appartient aux trois nations-cadres que sont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni de prendre la tête du mouvement et de faire de la sécurité l’étincelle conduisant à une coopération militaire accrue.

PRÉPARER L’AVION DE COMBAT DE L’AVENIR

Dans le domaine des programmes, et pour donner un exemple, la question du successeur des avions Rafale et Eurofighter se pose déjà, et une réponse européenne commune à cette question constituerait une avancée majeure.
Alors que les États- Unis et la Chine poussent les feux dans ce domaine et soutiennent la capacité industrielle correspondante, jugée par eux absolument stratégique, les Européens peinent à assurer l’avenir de leur aviation de combat et des compétences industrielles correspondantes.
Face à l’urgence, il convient d’utiliser les recettes qui ont toujours fait avancer la défense européenne : des projets industriels communs ambitieux.
"
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Laurent Simon
Whisky Quebec

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Mar 20 Nov 2018 - 11:32

En plus des deux sujets signalés aujourd'hui ici (deux fils sur la coopération européenne en matière de défense : IEI, Initiative européenne d’intervention (10 pays dont le RU)   et PESCO (coopération structurée permanente)  ), où cela bouge depuis fin juin 2018,

la fin de l'article suivant aborde d'autres sujets importants :
https://www.euractiv.fr/section/politique/news/la-cooperation-militaire-a-la-carte-en-europe-est-presque-prete/

"Outre la coopération structurée permanente, les ministres des Affaires étrangères ont défini leur position sur un certain nombre de dossiers liés à la défense en cours de développement, en particulier sur les nouveaux instruments financiers que souhaite instaurer la Commission.
« Une idée de facilité européenne pour la paix est sur la table. Nous allons maintenant aller de l’avant avec les États membres pour voir les détails de cette proposition », a déclaré Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, à la sortie du Conseil.
Ce fonds, hors budget de l’Union européenne, couvrira les dépenses communes des opérations militaires dans le cadre de la politique de sécurité et défense européenne, et contribuera aux opérations de maintien de la paix menées par des États tiers et soutenues par l’UE.

Également sur la table, le Fonds de défense européen, bien qu’accueilli favorablement par les États membres, suscite quelques réserves. Dans leurs conclusions, les ministres ont ainsi souligné qu’il devrait « impliquer fortement les États membres ».
Un rappel de l’importance de l’échelon national également prégnant dans les conclusions sur le plan pour la mobilité militaire présenté par la Commission en novembre 2017, qui vise à faciliter la mobilité des équipements et du personnel de défense entre les États membres. Les ministres ont néanmoins accueilli favorablement le plan d’action présenté en mars 2018, qui devrait permettre entre autres de simplifier certaines procédures."

Rappel aussi sur :

La complexe coopération entre l'UE et le Royaume-Uni en matière de défense

Le Royaume-Uni a toujours eu un rapport conflictuel avec les ambitions de défense de l’UE. Pourtant, le pays souhaite continuer à participer aux programmes de défense de l’UE.
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Laurent Simon
Whisky Quebec

Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Mar 20 Nov 2018 - 12:28

(de juin 2017)

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/commission-to-mobilise-e40-billion-to-beef-up-defence-cooperation/

L’UE veut consacrer 40 milliards d’euros à la défense
La Commission européenne suggère de mobiliser 39 milliards d’euros d’ici à 2027 pour soutenir le développement de capacités militaires communes. Et mettre en place une clause de solidarité pour faire face aux cyberattaques.
« Les États membres se sont rendus compte que la situation actuelle était insoutenable », a déclaré le commissaire européen en charge de l’emploi, de la croissance et de l’investissement, Jyrki Katainen.
Face à des menaces, anciennes et nouvelles, grandissantes et à un équipement militaire devenant un fardeau coûteux pour les budgets nationaux limités, l’Europe est toujours à la traine dans le domaine de la défense, a-t-il prévenu.

Même si les États membres de l’UE ont dépensé 2 % du PIB dans ce domaine, un engagement que les partenaires de l’OTAN essayent de respecter, « ce n’est pas suffisant, sauf si nous faisons les choses différemment », a insisté le commissaire.
Pour commencer, la Commission propose un Fonds européen de la défense, ayant pour objectif d’éviter le dédoublement des dépenses militaires en mettant les ressources en commun.
L’exécutif européen indique que 80 % de l’approvisionnement et plus de 90 % de la recherche sont gérés au sein des frontières nationales. Si les ressources étaient mises en commun, près d’un tiers des dépenses nationales pour la défense seraient économisées.
Les doublons et l’absence de normes font obstacle à la capacité européenne de déploiement de troupes. Ainsi, les États-Unis dépensent deux fois plus que l’UE dans son armée et sont capables d’envoyer 200 000 soldats sur le terrain, alors que l’UE ne peut mobiliser que 40 000 hommes, selon Jyrki Katainen.
Afin d’éviter les chevauchements et les divergences, la Commission utilisera le fonds européen pour accroître la coopération des États membres sur la recherche et le développement de nouveaux prototypes.
L’institution propose 500 millions d’euros pour la recherche pour 2019 et 2020, date à laquelle se termine le cadre financier pluriannuel actuel.
Pour le prochain budget européen à long terme (2021-2027), la Commission allouera 500 millions d’euros par an à la recherche dans la défense, et un autre milliard d’euros par an au cofinancement pour aider les États membres à transformer leurs innovations potentielles en prototypes.
En comptant les contributions nationales, l’exécutif espère mobiliser 5,5 milliards d’euros par an après 2020.
Les gouvernements nationaux identifieront les capacités militaires à prioriser avec l’Agence européenne de défense.
La Commission a déjà annoncé en novembre dernier qu’elle dédierait 90 millions d’euros cette année à la recherche sur la défense.
Au total, plus de 39 milliards d’euros seront mobilisés sur les dix prochaines années. L’exécutif espère que cette somme servira de « catalyseur » pour « consolider » l’industrie européenne de la défense.
Dernièrement, l’UE aspire à prendre en main sa propre défense après des années de dépendance vis-à-vis de la protection américaine à travers l’OTAN.
Jyrki Katainen a expliqué que la proposition n’était pas une réponse à la critique du Président américain Donald Trump sur les dépenses trop faibles de l’UE en matière de défense ou à l’affaiblissement des relations transatlantiques depuis l’arrivée de son administration. Le commissaire finlandais a toutefois reconnu que les commentaires de Donald Trump avaient renforcé les arguments en faveur d’une meilleure coopération européenne

Budgets limités
La Commission a toutefois exclu des propositions de grande ampleur comme une armée européenne, qui représenterait un pas en avant dans l’intégration européenne. Une idée qui aurait pu prendre vie en 1952 avec la Communauté de défense européenne, mais qui a été délaissée.
Les avancées de cette approche progressive sont toutefois loin d’être certaines. Les États membres et le Parlement européen devront en effet approuver l’augmentation du budget pour la défense et la sécurité à une période où le cadre pluriannuel post-2020 sera « très limité », a déclaré le commissaire.
Après la sortie du Royaume-Uni, l’UE aura un budget plus restreint, mais devra faire face à plus de priorités.
Selon Jyrki Katainen, c’est justement dans la coopération en matière de défense que l’UE peut prouver qu’elle a une valeur ajoutée. Toutefois, a-t-il prévenu, l’ingrédient manquant pour atteindre une réelle coopération n’est pas l’argent, mais la volonté politique.

La Commission a également présenté un document de réflexion articulant une vision politique sur trois scénarios possibles pour le développement d’une coopération naissante en matière de défense.
L’option conservatrice est de rester sur la coopération améliorée existante, et comprend le nouveau fonds de défense.
Le scénario intermédiaire propose davantage des responsabilités partagées dans le domaine de la sécurité et de la défense.
Réponse collective aux cyberattaques
Enfin, le scénario le plus ambitieux déboucherait sur un espace de solidarité entre les États membres, c’est-à-dire une clause d’assistance mutuelle pour répondre aux attaques extérieures, un partage du coût du matériel militaire et un plus grand degré d’intégration des forces nationales de défense.
Dans ce contexte, le commissaire affirme qu’une clause automatique de défense collective semblable à l’article 5 de l’OTAN serait possible sans s’embarquer dans de complexes modifications des traités.

Jyrki Katainen ne voit pas pourquoi l’UE n’aurait pas à sa disposition une force bien entraînée pour répondre de manière collective aux cybermenaces et attaques hybrides.
Il a toutefois insisté sur le fait que la Commission ne cherchait pas à minimiser le rôle de l’OTAN. Néanmoins, lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il envisageait une contre-attaque collective si un État membre était victime d’une cyberattaque, il a répondu « tout est possible ».
« Cela dépendra de la volonté politique des États membres », a-t-il déclaré. « Maintenant nous devons déterminer leur degré d’ambition. »
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Laurent Simon
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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Mar 20 Nov 2018 - 17:32

Un article de synthèse qui présente les trois dernières initiatives, présentées en détail dans les deux fils créés ce jour :
IEI, Initiative européenne d’intervention (10 pays dont le RU)
PESCO (CSP, coopération structurée permanente), 25 pays européens

https://www.franceculture.fr/emissions/les-enjeux-internationaux/defense-europeenne-qui-defend-quoi

... "S'agissait-il d'une invitation aux membres de l'UE, à un moment où la politique de défense européenne connaît deux avancées importantes ?

  • la Coopération structurée permanente (pour les équipements)
  • et le Fonds européen de défense  (13 milliards d'euros 2021-2027)

La France est aussi à la source d'un projet militaire parallèle au sein de l'UE. Au lendemain de l'interview pré-enregistrée d'Emmanuel Macron se tenait à Paris une première réunion à Paris de

  • l'Initiative Européenne d'Intervention (IEI), groupe de coordination des contingents de 10 pays, proposée par Emmanuel Macron lors du discours de la Sorbonne en septembre 2017.


Cette initiative française se veut selon Florence Parly "complémentaire" des politiques communautaires, et d'abord une plateforme de coordination et de planification ; à terme la question d'une véritable armée européenne reste posée. Emmanuel Macron avait bien déclaré à la Sorbonne qu' « au début de la prochaine décennie, l’Europe devra ainsi être dotée d’une force commune d’intervention, d’un budget de défense commun et d’une doctrine commune pour agir ». L'UE pourrait-elle aller jusqu'à créer des contingents communs? Jean-Claude Juncker emploie aussi les termes d'"armée européenne".

L'Europe de la défense tente de se structurer, alors que le contexte diplomatique est récemment plus changeant : 
Avec le Brexit et les incertitudes sur le gouvernement italien, la France est relativement isolée dans sa volonté de promouvoir une Europe de la défense industrielle. Si le Royaume-Uni devrait continuer à participer à certains projets (drone MALE, JSEF), Paris compte beaucoup sur l'Allemagne avec qui elle a signé deux memorandum d'accord en juin sur un avion et un char européen.
L'horizon est cependant assez lointain : 2045, et les nécessités de renouvellement de matériel plus pressantes : 2025 pour la flotte de combat allemande.

Emmanuel Macron a aussi fait part de ses doutes après l'annonce le mois dernier d'un retrait américain du traité INF avec la Russie sur la limitation des missiles nucléaires de portée intermédiaire. Les Etats-Unis affirme qu'ils répondent à une rupture de l'accord par les russes qui ont mis au point un nouveau missile de croisière dont la portée dépasse 500 km. La Russie affirme avoir fourni toutes les données techniques à l'OTAN. Si l'administration Trump marchande sa fidélité aux dispositifs multilatéraux, les Etats-Unis restent les seuls à pouvoir fabriquer et proposer aux européens une défense antimissile efficace.

Les prochains achats d'équipement seront autant de test pour la volonté d'autonomisation de la défense et de ses budgets. Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont engagés en ce sens mais cette position n'est pas unanime en Europe, et la Pologne n'est désormais plus une exception dans le rejet d'achats européens : le ministre autonomiste flamand (NV-A) de la défense belge a préféré des avions américains de combat F-35 à l'Eurofighter ou au Rafale français, suscitant la déception de la présidence française, qui reconnaissait une décision liée "à des contraintes politiques du pays mais [qui] stratégiquement va a contrario des intérêt européens".
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Laurent Simon
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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Mar 20 Nov 2018 - 17:44

Et un article très intéressant, très complet, sur le contexte vcu par les pays européens
http://www.opex360.com/2018/09/04/general-lecointre-france-se-assumer-leadership-operationnel-europe/

Tout est à lire.
Je mets en gras quelques passages clés.

"Lors de la Conférence des ambassadeurs, la semaine passée, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ne s’est guère montré optimiste quant à l’évolution des affaires du monde. « Nous vivons dans une période de tension et de conflictualité » avec une « rupture » sur le plan de la sécurité, « se manifestant par la multiplication des crises aux portes de l’Europe » et une autre dans celui de l’économie, « liée aux déséquilibres commerciaux que risquent d’aggraver les tentations de guerre économique », a-t-il dit [.pdf].
Et, a continué M. Le Drian, « à ces crises sur la scène internationale, s’ajoute une crise de la scène internationale », laquelle « pose autant de défis portés à l’idée même de diplomatie. »

Lors de son audition par la commission de la Défense, à l’Assemblée nationale, en juillet [le compte-rendu vient d’être rendu public, ndlr], le chef d’état-major des armées [CEMA], le général François Lecointre, a dressé un constat tout aussi noir.
« La conflictualité est principalement alimentée aujourd’hui par les dynamiques de puissance, étatiques ou non. Les volontés politiques s’affranchissent de plus en plus de leurs obligations internationales et du cadre multilatéral communément accepté », a constaté le CEMA. Et cela s’accompagne d’une « accélération sensible », ces derniers mois, du « rythme des démonstrations de puissance », a-t-il ajouté.

« Cette hausse de la conflictualité s’inscrit dans un monde en état de crise permanent lié aux enjeux énergétiques et environnementaux, d’une part, et à l’explosion démographique, d’autre part », a ensuite expliqué le général Lecointre, en déplorant que les « comportements de certains États », lesquels ont la tentation de « se livrer à des politiques de ‘coups’ qui leur permettent simplement d’affirmer de façon décomplexée leur capacité à mettre en œuvre la force. »

Autre constat fait par le CEMA : la conflictualité s’affranchit des frontières physiques pour « s’élargir aux champs immatériels » comme le cyberspace. « C’est l’ère de la transgression alors que les frictions sont transposées dans une multitude de champs nouveaux ou jusqu’à présent à l’écart de l’affrontement et de la guerre », a-t-il noté. Dans le même temps, a-t-il souligné, « le principe même des espaces partagés est contesté, tandis que des espaces qui devraient être des espaces de liberté sont l’objet de revendications et d’affrontements. »
Enfin, a-t-il encore prévenu, « nous faisons face à la fin d’une forme d’immunité sécuritaire sur notre continent et sur notre sol du fait de la généralisation des comportements hybrides. »

Le problème est que cette évolution de la situation est évaluée différemment, voire de façon contradictoire, selon que l’on se trouve à Vilnius ou à Rome, alors que l’Europe est « exposée à l’ensemble des risques » exposés par le CEMA, c’est à dire aux menaces dites de la force, au terrorisme, aux migrations ou encore aux trafics.

« Cette divergence tient d’abord à la proximité géographique des pays concernés vis-à-vis de certaines menaces. Ainsi, les pays de l’Est sont obnubilés par le voisin russe. De même, les pays du Sud sont préoccupés par la situation en Méditerranée et en Afrique.
Ensuite, cette divergence s’explique par la fragilité démocratique de certains pays, qui peinent à développer une vision qui leur soit propre.
Lorsqu’elle existe, leur vision est souvent parasitée, par ailleurs, par les questions de politique intérieure », a analysé le général Lecointre.

Aussi, la France a-t-elle un rôle de premier plan à jouer sur la scène européenne. « Parce que notre positionnement est singulier, parce que notre vocation est singulière et parce que nous sommes regardés de manière singulière, nous devons user de notre positionnement pour permettre l’émergence d’une vision partagée », a plaidé le général Lecointre.

D’où la raison d’être de l’Initiative européenne d’intervention (IEI), qui, lancée par le président Macron en septembre 2017, a pour objet de favoriser l’émergence d’une culture stratégique européenne et d’accroître la capacité des Européens à agir ensemble. Pour le moment, seulement 8 pays ont rejoint la France, dont l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume Uni.

« Cette volonté politique est déclinée au niveau des armées qui tentent de jouer un rôle d’entraînement de leurs partenaires en cherchant à trouver un équilibre délicat en termes d’engagements opérationnels. D’un côté, les dépendances croisées ne nous permettent plus de choisir, et encore moins de choisir seul, nos combats », a commenté le CEMA.
« La France est exposée à la logique du ‘on ne peut pas ne pas’ intervenir, agir ou réagir. Nous avons de moins en moins le choix de nos engagements. De l’autre côté, la France doit veiller à ne pas se trouver seule en première ligne de la défense d’intérêts communs, au motif qu’elle détiendrait des capacités et une expérience que certains de nos partenaires n’ont pas », a fait valoir le général Lecointre.

Pour le CEMA, il est essentiel que, avec la Loi de programmation militaire 2019-2025, les forces françaises puissent conserver leur « excellence opérationnelle », qui font de la France un « acteur à part en Europe, à même d’entraîner » ses « partenaires », tout en « modulant » leurs engagements.
La France « se doit d’assumer son leadership opérationnel en Europe et de faire en sorte d’obtenir en retour la reconnaissance par nos partenaires et les instances collectives d’une forme de ‘redevabilité’, a plaidé le général Lecointre, qui a toutefois admis que, à cet égard, « nous ne parvenons pas toujours à l’obtenir [cette ‘revevabilité’, ndlr] au niveau souhaité. »
Sur ce point, il faut composer avec les réalités propres à chaque pays européens, dont certains s’en remettent aux États-Unis et à l’Otan pour leur défense. Si, par exemple, l’Estonie n’a pas hésité à envoyer un détachement au Mali au titre de l’opération Barkhane alors que la France a participé (et participera en 2019) au bataillon multinational de l’Otan déployé sur le territoire estonien et à la mission « Enhanced Air Policing », d’autres partenaires sont plus frileux, comme l’Allemagne.

« Les armées françaises et allemandes n’ont objectivement ni les mêmes capacités opérationnelles, ni le même esprit de combat. Cela s’explique par différentes raisons ; certaines tiennent pour partie aux procédures constitutionnelles d’engagement des forces, d’autres ont trait aux règles qui régissent la vie de nos armées », a expliqué le général Lecointre. « Mais il serait contre-productif de chercher à forcer la main des Allemands en demandant d’eux des engagements dont ils ne sont aujourd’hui pas capables pour des raisons politiques », a-t-il continué.

« L’option retenue aujourd’hui me paraît donc meilleure que de chercher à ‘tordre le bras’ aux Allemands. Ne faisons pas de mauvaises manières à nos partenaires, entraînons-les avec nous, et espérons qu’ils évoluent peu à peu, au fur et à mesure des engagements conjoints », a estimé le CEMA.
Et ce dernier de conclure : « D’ailleurs, la contingence des circonstances peut pousser nos partenaires à s’engager davantage, par nécessité : même si on refuse par principe les missions de combat, on peut dans certaines circonstances ne pas avoir le choix. »
"
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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

Message par Laurent Simon le Jeu 13 Déc 2018 - 15:34

https://www.atlasinfo.fr/Parlementaires-francais-et-britanniques-encouragent-la-cooperation-sur-les-missiles_a96309.html



Les commissions de la Défense de l'Assemblée nationale française et de la Chambre des communes britannique ont publié mercredi un rapport qui encourage la poursuite du programme bilatéral Future missile anti-navires et Futur missile de croisière (FMAN/FMC), malgré les incertitudes liées au Brexit.

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"On pourrait voir (dans le Brexit, ndlr) un obstacle et dire que la Grande-Bretagne pourrait se tourner vers le grand large", a ajouté Charles de la Verpillière, député LR de l'Ain et second rapporteur de la mission, évoquant les capacités industrielles des Etats-Unis en matière de défense.

Mais sa position et celle des auteurs français et britanniques du rapport est de considérer le Brexit comme une "opportunité" pour la poursuite d'accords bilatéraux entre les deux pays pour "contribuer à la défense de l'Europe".

Les gouvernements français et britannique ont chacun déjà investi 50 millions d'euros dans l'étude de concept menée depuis 2017 par le fabricant européen de missiles MBDA, co-entreprise entre Airbus (37,5%), le Britannique BAE Systems (37,5%), et l'Italien Leonardo (25%).

A l'issue de l'étude de concept, les deux gouvernements devront s'entendre sur le processus d'acquisition pour que les phases de design (2020-2024) et de production (2024-2030) puissent commencer.

Deux points principaux nécessitent une entente des deux pays: le "choix entre l'organisation d'une compétition ouverte et l'attribution, sans compétition préalable, du principal contrat à MBDA" et la recherche d'une solution pour combler le "trou capacitaire" lié au retrait "après 2023" des missiles américains Harpoon utilisés par l'Angleterre.

Le rapport parlementaire commun souligne l'existence d'une "convergence stratégique et opérationnelle entre la France et le Royaume-Uni", ainsi que l'intérêt des deux pays à "partager le coût du développement de capacités militaires futures".

A terme, la coopération entre les deux pays permettrait également, selon les parlementaires, de diminuer le coût unitaire des produits dans le cadre d'une commande qui pourrait se chiffrer en milliards, mais aussi d'améliorer la coopération militaire sur des opérations conduites en coalition, dans le cadre de l'OTAN par exemple.

Le rapport encourage également l'exportation des futurs missiles, notamment vers d'autres pays européens, "facteur clé pour baisser les coûts".

Une première revue d'architecture des missiles en fonction des besoins opérationnels sera effectuée début 2019.

Les missiles actuels ne correspondent en effet pas aux besoins futurs des deux pays qui doivent "disposer de capacités renouvelées, plus modernes et avancées notamment pour le combat en haute mer", a déclaré Mme Pouzyreff, ajoutant que "l'idée qu'un conflit de haute intensité puisse ressurgir" avait été repoussée jusqu'à présent.

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Re: Coopérations militaires européennes, vers une Europe de la Défense pragmatique

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